Les représentants des maires, des départements et des régions doivent remettre, mi-mai, leurs propositions sur l'évolution de la fiscalité locale à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. « Les Echos » révèlent le contenu de ce document de 8 pages.
En finir avec « l'intervention de l'Etat ». Dans le rapport sur la fiscalité locale qu'elles remettront mi-mai à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, les associations des maires (AMF), des départements (ADF) et des régions (ARF) de France ont l'intention de réclamer une grande clarification : la suppression de toutes les exonérations d'impôts locaux accordées aux contribuables. L'idée est de faire en sorte que l'Etat ne soit plus obligé de compenser, à l'euro près, le manque à gagner que génèrent ces exonérations pour les budgets des collectivités. Dans le cadre de la réforme devant faire suite aux travaux de la commission Balladur, « les masses correspondantes devront être réinjectées [...] sous la forme de ressources fiscales modulables », explique ce document de 8 pages, dans une version provisoire qui doit être validée aujourd'hui par l'AMF, le 5 mai par l'ADF et le 13 mai par l'ARF.
Un « panier d'impôts »
Parmi les sept principes avancés par les représentants des élus locaux figure « la spécialisation relative des impôts ». En clair, les communes et groupements de communes, les départements et les régions souhaitent bénéficier, chacun dans sa catégorie, d'un « panier d'impôts » qui lui soit spécifique. Dans chaque cas, le panier doit, selon les intéressés, « conserver la répartition de la charge fiscale globale » constatée entre les entreprises d'un côté (40 % actuellement), les ménages de l'autre (60 %). Et aller plutôt dans le sens d'un élargissement des assiettes et une baisse des taux que le contraire.
Concernant la fiscalité des ménages, les trois associations jugent nécessaire la prise en compte des revenus. Que ce soit dans l'instauration d'un montant minimal d'imposition, que ce soit dans le calcul de la taxe d'habitation, laquelle serait « rénovée » en intégrant également la valeur du logement occupé par le contribuable, ou que ce soit dans l'assiette des impôts nationaux lorsqu'ils sont réaffectés aux collectivités (par le biais de la CSG pour les départements et de l'impôt sur le revenu pour les régions), ainsi que l'avait déjà préconisé un précédent rapport, au printemps 2008.
Rapprochement de la taxe
S'agissant de la fiscalité des entreprises, l'AMF, l'ADF et l'ARF sont partisanes d'un rapprochement de la taxe sur le foncier bâti et de la part foncière de l'actuelle taxe professionnelle. Cette dernière est évidemment au coeur des préoccupations, dans la mesure où elle représente la moitié des 60 milliards de recettes fiscales des collectivités. Pour la remplacer, les élus suggèrent la création, au niveau communal, d'une « contribution au développement de l'activité » s'appliquant aux entreprises comme aux administrations, qui reposerait à la fois sur la superficie occupée par l'activité et sur le nombre de salariés y travaillant. Aux niveaux départemental et régional, le rapport reprend à son compte la piste d'une taxation de la valeur ajoutée chère à la commission Fouquet de 2004, à laquelle le patronat est farouchement opposé.
Enfin, les élus aimeraient faire le ménage dans toutes les autres ressources fiscales. Ainsi les droits de mutation et la taxe sur l'électricité seraient-ils affectés en totalité respectivement aux départements et aux communes. La fiscalité écologique, elle, ne peut être abordée que de manière « facultative », estime le rapport. A noter : les régions ne veulent plus que l'Etat leur rétrocède une part de TIPP, mais elles sont preneuses d'une taxe additionnelle au versement transport.
GUILLAUME DELACROIX,
Source : Les Echos
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